SA PA : Entre brume et rizières
À quelques heures de route de la province de Ha Giang, dans le nord-ouest du Vietnam, se niche au cœur des montagnes la fameuse ville de Sa Pa. Située à près de 1 600 mètres d’altitude, dans la province de Lao Cai, Sa Pa est entourée par les montagnes de la chaîne Hoang Lien Son, dont le célèbre Fansipan culmine à 3 143 mètres, faisant de lui le plus haut sommet du Vietnam et de toute l’Indochine.
Mais si Sa Pa est aujourd’hui mondialement connue, c’est surtout pour ses immenses rizières en terrasses qui semblent descendre le long des montagnes à perte de vue. Sculptées par des générations de cultivateurs, elles épousent les reliefs et donnent à la vallée de Muong Hoa un paysage presque irréel. Ici, les montagnes, la brume et les villages des différentes communautés ethniques se mélangent pour former un décor unique.
De retour à Hanoï après mon road trip dans la province de Ha Giang, et après deux nuits et deux jours de repos, me voilà reparti à l’aventure en direction de Sa Pa pour un trek de deux jours et une nuit. Afin de maximiser le temps et l’argent, nous avons opté, avec une autre de mes roommates, pour un trajet de nuit en sleeper bus. Nous sommes donc arrivés à l’aube, vers 3 ou 4 heures du matin, où nous avons pu dormir quelques heures dans le hall d’un hôtel avant de repartir pour notre trek, accompagnés de notre guide.
PREMIERS PAS DANS LES RIZIÈRES
Pour ce premier jour, nous nous sommes enfoncés au cœur de la vallée de Mường Hoa, entre les rizières qui semblaient grimper les montagnes à perte de vue. À mesure que nous avancions, les paysages se dévoilaient, les villages apparaissaient au détour des chemins et la vie semblait suivre ici un rythme complètement différent du nôtre.
Nous avons pu apprendre, en sillonnant les villages, comment était fabriquée la couleur indigo de certains vêtements traditionnels et comment les communautés locales utilisent le chanvre pour créer du fil et tisser leurs habits. Nous avons aussi pu nous essayer à moudre du grain pour en faire de la farine et simplement admirer la patience des personnes âgées, assises devant leur maison, concentrées sur leur travail de couture.
Des moments simples, mais riches, qui remettent en perspective nos façons de vivre occidentales. Ici, on prend le temps. On se contente de travailler pour ce qui compte : se nourrir, confectionner des habits et passer du temps en famille. Rien de plus. Et finalement, peut-être rien de moins.
UNE NUIT CHEZ L’HABITANT
Pour la nuit, nous avons été hébergés dans un homestay par des amis de notre guide, au sein duquel nous avons fait connaissance avec d’autres backpackers. Pour le souper, notre hôte nous a proposé de confectionner tous ensemble les rouleaux de printemps. Alors, ni une ni deux, nous nous sommes réparti les tâches et avons tous participé à la préparation du repas.
Puis, autour d’un thé, nous avons partagé nos anecdotes de voyage, nos expériences et quelques éclats de rire. Un moment simple et super convivial, qui faisait du bien après une journée de marche.
Il était ensuite temps de rejoindre nos lits pour une bonne nuit. Ou plutôt, une nuit glaciale. Heureusement, notre hôte nous avait donné des couvertures chauffantes. Hé oui, dans ces régions du monde, en pleine montagne et en plein hiver, il est bon de rappeler que les habitations sont parfois rudimentaires et pas spécialement bien conçues ou isolées. Mais finalement, même cette nuit passée à grelotter fait partie du voyage.
DANS LA BRUME
Le lendemain, sous un brouillard tenace et humide, nous avons terminé notre trek en traversant une forêt épaisse de bambous. Les arbres disparaissaient presque dans la brume et le silence qui nous entourait donnait au lieu une atmosphère presque irréelle. Je me rappelle avoir dit à ce moment-là que je n’avais pas respiré un air aussi pur depuis un certain temps durant ce voyage. Après les grandes villes, les bus et les routes, cette sensation de marcher au milieu de la nature, simplement entouré de montagnes et de bambous, avait quelque chose de profondément apaisant.
Puis, finalement, nous avons rejoint à nouveau la ville de Sa Pa, où nous attendait notre sleeper bus pour notre retour à Hanoï. Deux jours seulement, mais l’impression d’avoir traversé bien plus qu’une simple vallée.
LES PETITES GALÈRES DU VOYAGE
Et là, mélodrame.
J’avais foiré ma réservation à l’auberge, qui se retrouvait complète pour cette nuit-là. Tout ça en étant bien fatigué, qui plus est, et à minuit passé. J’ai donc dû chercher en urgence une autre auberge située non loin de là pour pouvoir enfin poser mon sac et dormir.
Ce genre de petite péripétie qui fait finalement partie intégrante du voyage. Ces moments où rien ne se passe comme prévu et où il faut simplement trouver une solution, sans perdre pied. Parce qu’au fond, voyager, c’est aussi ça : accepter les problèmes lorsqu’ils arrivent, les régler sur le moment, puis continuer son chemin.