NINH BINH : La baie d’Ha Long terrestre
À environ 100 kilomètres au sud de Hanoï se trouve la province de Ninh Binh. Une région bien différente des montagnes de Ha Giang ou de Sa Pa, mais qui possède elle aussi un paysage assez incroyable. Ici, pas de grandes montagnes qui s’étendent à perte de vue, mais d’immenses formations calcaires qui surgissent au milieu des rizières, des rivières et des plaines. C’est d’ailleurs pour cette raison que Ninh Binh est souvent surnommée la « baie d’Ha Long terrestre ».
La région est également connue pour ses importantes ressources en calcaire, exploitées depuis plusieurs décennies notamment pour l’industrie du ciment et des matériaux de construction. Un secteur qui a fortement participé au développement économique de la province, parfois au milieu même de ces paysages naturels impressionnants. Un contraste assez particulier entre industrie et nature, que l’on peut parfois apercevoir en traversant la région.
UNE DERNIÈRE AVENTURE
De retour à mon auberge pour me reposer un ou deux jours, j’ai finalement décidé de repartir une énième fois à l’aventure afin de clôturer ce voyage comme il se doit. J’avais fortement hésité à faire une croisière de trois ou quatre jours dans la baie d’Ha Long et sur l’île de Cat Ba, mais les retours des différents backpackers rencontrés durant mon voyage m’ont finalement convaincu de faire autrement.
Plutôt que de passer plusieurs jours sur un bateau, j’ai donc opté pour une ou deux journées à Ninh Binh, avant de terminer mon voyage par quelques jours à Hanoï. Une dernière escapade plus tranquille, mais qui promettait encore une fois son lot de découvertes.
C’est donc à 8h00 du matin, installé dans un giga bus rempli de voyageurs, que je prends la direction de Ninh Binh. Quelques heures plus tard, nous arrivons dans un énorme restaurant où s’arrêtent bon nombre de bus d’expédition. Le principe est simple : tout le monde descend, direction le buffet, avant de repartir pour la journée.
Et finalement, c’est aussi ça que j’aime dans les voyages. Même dans un restaurant touristique au milieu de dizaines de bus, il suffit parfois de s’asseoir à côté des bonnes personnes pour que la journée prenne une toute autre tournure. Pendant le repas, je rencontre de nouvelles personnes : des Américains, des Allemands et des Canadiens avec qui je vais finalement passer une bonne partie de la journée.
À VÉLO ENTRE LES MONTAGNES
Après le repas, c’est à vélo que nous continuons notre chemin en direction d’un temple. Désolé, je ne saurais pas vous donner son nom, je ne m’en souviens tout simplement plus. Mais finalement, le nom importe peu. La balade à vélo nous permet surtout de découvrir une autre facette de la région, entre petits chemins, rizières et montagnes calcaires. Après cette belle balade, nous retrouvons notre bus pour continuer la journée en direction de Hang Mua. Et là, changement de programme : place à une randonnée de près de 500 marches pour atteindre le sommet.
Autant vous dire qu’après plusieurs semaines de voyage, les jambes commencent à avoir quelques kilomètres au compteur. Mais une fois arrivé en haut, l’effort est rapidement oublié. Devant nous s’étendent les rizières, les lotus et ces immenses formations calcaires qui donnent à Ninh Binh son paysage si particulier.
Anecdote de voyage : à la fin de notre randonnée, un touriste un peu fou nous arrête et nous alerte, sur un ton plutôt virulent, du fait qu’il aurait vu un local mettre des produits chimiques dans les rizières de lotus. Enfin bref, je ne sais toujours pas trop ce qu’il attendait de nous, mais nous n’étions clairement pas les personnes les mieux placées pour régler le problème. On l’a donc laissé repartir dans sa croisade et nous avons continué notre chemin.
Après nous être rincé l’œil devant cette magnifique vue sur les roches calcaires et les rizières de lotus, nous avons rejoint la rivière pour une balade en barque. Et là, nouveau petit moment assez drôle : nous avons découvert que certains rameurs maniaient leurs pagaies… avec les pieds. Une technique plutôt impressionnante, surtout lorsqu’on réalise depuis combien de temps ils doivent faire ça chaque jour. La barque avance tranquillement sur l’eau, entourée par les montagnes, et le rythme ralentit enfin après une journée bien remplie.
Puis, fin de journée pour moi. Direction un charmant hôtel pour passer la nuit et enfin poser mon sac.
UNE DERNIÈRE IMMERSION DANS LA NATURE
Le lendemain matin, j’attends un nouveau bus avec de nouveaux voyageurs pour cette deuxième journée d’expédition. Pour commencer, nous rejoignons une réserve naturelle en pleine jungle, non loin de Ninh Bình. L’objectif de cette visite est de rencontrer les personnes qui s’occupent de protéger certaines espèces menacées, de les soigner lorsque cela est nécessaire et, lorsque les conditions le permettent, de les remettre dans leur milieu naturel.
Après un bon repas, nous nous enfonçons ensuite dans la jungle pour un petit trek d’environ deux heures. Toujours pas de serpent ni d’animaux vraiment bizarres à l’horizon, mais finalement, peu importe. C’est exactement le genre d’activité que j’adore : marcher en pleine nature, sans savoir réellement ce qui peut se trouver derrière le prochain arbre.
Et pour terminer cette belle journée, retour vers Hanoï. J’ai d’ailleurs tapé ma meilleure sieste dans le bus, avant de retrouver ma chère et tendre auberge de jeunesse pour mes deux dernières nuits de ce magnifique voyage.
LA FIN D’UNE AVENTURE
Décidément, tout ne se sera pas passé comme prévu.
Il y aura eu beaucoup de bas, mais aussi de très beaux hauts. Une guerre qui m’oblige à raccourcir mon voyage, car je ne peux pas risquer de rester coincé en Asie et de manquer une opportunité importante pour la suite de ma carrière.
Mais surtout, ce que je retiens de ce voyage, c’est l’enseignement qu’apporte toujours le voyage et plus particulièrement ce genre de voyage, en mode aventure au sac à dos. Partir sans avoir nécessairement d’itinéraire précis, avec seulement une vague idée du parcours que l’on souhaite réaliser, puis laisser, au final, la vie et les expériences le dessiner à notre place.
C’est probablement ça que j’ai le plus apprécié : les rencontres imprévues, les changements de programme, les bus ratés, les nuits inconfortables, les paysages incroyables, les moments de solitude, les fous rires avec des inconnus devenus amis le temps d’une journée. Tout ce qui n’était pas prévu finit finalement par devenir une partie de l’histoire.
Alors merci la vie pour ces opportunités, ces moments de vie et ces enseignements.
Et surtout, j’espère encore en vivre beaucoup d’autres.