hanoï, là où tout commence
Introduction
Capitale géographique du Vietnam, Hanoï est une mégapole de 3 345 km² qui compte près de 8 millions d’habitants, soit presque l’équivalent de la population suisse. Située au nord du pays, elle est la porte d’entrée vers les grandes aventures du nord du Vietnam. De la fameuse boucle de Ha Giang, aux rizières en terrasses de Sapa, en passant par la province de Ninh Binh, connue pour ses balades en pagode et ses paysages semi montagneux, jusqu’aux croisières au fil de l’eau parmi les îlots de grès de la baie d’Halong, Hanoï est un véritable point de départ, un carrefour pour les aventuriers.
C’est d’ailleurs ici que se croisent et se concentrent les backpackers venus du monde entier. Impossible de les manquer : ils sont partout. Sac sur le dos, smartphone à la main, regard déjà tourné vers la prochaine étape. Il en est certainement le résultat d'un mélange fascinant de cultures, de paysages rêvés et surtout, une profonde gentillesse chez les habitants.
Hanoï est une ville à part. Le rythme y est effréné, presque étourdissant. Les rues débordent de scooters, le bruit ne s’arrête jamais vraiment, et les petits restaurants de rue s’enchaînent avec les cafés dans les ruelles étroites du célèbre “Old Quarter”. Hanoï est une ville à visiter, sans aucun doute, mais aussi une ville capable de vous donner le tournis, tant elle bouscule, captive et submerge à la fois.
Mes premières impressions
À mon arrivée dans la capitale, j’ai tout de suite été happé par le rythme effréné de la ville. Les couleurs, les odeurs, les sons : tous mes sens se sont réveillés d’un seul coup, presque brutalement. On m’avait pourtant préparé à ce voyage, prévenu que Hanoï était une ville où règne le chaos. Les scooters qui se faufilent dans les moindres espaces, le bruit permanent, la pollution omniprésente. Je pensais être prêt. En réalité, je ne m’attendais pas du tout à un tel scénario.
Mes premiers pas dans les rues ont été à la fois fascinants et profondément oppressants. Bien que je connaisse par cœur les rues de New York, de Paris ou de Genève, je n’avais encore jamais fait l’expérience d’un tel rythme. Ici, les trottoirs sont littéralement relégués au rang de parkings pour scooters et voitures. Alors on marche sur la route, ou plutôt, on se faufile entre deux roues et pare-chocs, sans trop réfléchir, en suivant le mouvement.
Les échoppes, cafés et restaurants débordent jusque sur les trottoirs, s’installant au milieu des scooters et des voitures. Ici, on s’assoit sur de minuscules chaises en plastique pour y déguster des plats traditionnels comme le Bun cha (bouillon avec du porc grillé et des nouilles), le pho (soupe de nouilles) ou le banh mi (sandwich vietnamien), pour ne citer qu’eux. On y boit aussi d’excellents cafés, parfois surprenants, comme le fameux egg coffee (must try), le coconut coffee (must have) ou encore le salt coffee (surprising).
Le dépaysement a été total. Hanoï est une ville comme je n’en avais encore jamais vue, jamais ressentie. Si les premiers jours furent impressionnants et même plutôt plaisants, la ville m’a rapidement donné le tournis. Entre le rythme de vie, les ruelles qui se ressemblent toutes, le trafic incessant, le bruit qui ne s’arrête jamais et surtout, la pollution, j’ai très vite ressenti l’envie de fuir ce chaos pour retrouver un peu de sérénité et de calme.
Mon voyage à Hanoi
Après mon expérience assez épuisante en Thaïlande, j’ai rapidement compris que je ne voulais plus refaire la même erreur : voyager en continu, sauter d’une destination à une autre sans jamais vraiment m’arrêter. J’avais besoin de ralentir. Hanoï est alors devenue pour moi une sorte de camp de base. Un repère. Un point d’ancrage entre mes grandes aventures dans le nord du Vietnam.
Je n’y ai, en réalité, presque jamais séjourné plus de deux jours et trois nuits d’affilée. Mais j’y revenais régulièrement, pour souffler, récupérer, me poser. Entre deux siestes, j’ai surtout pris le temps de marcher, de me perdre dans les rues, de déguster de bons cafés et de passer devant quelques temples, plus observés que réellement visités.
Je n’ai finalement pas grand-chose à raconter sur Hanoï en tant que telle, tant mes passages y ont été courts et fragmentés. Mais voici tout de même quelques lieux et activités que j’ai croisés au fil de ces parenthèses dans la capitale.
visiter des temples
Hanoï regorge de temples, plus ou moins grands, mais souvent assez petits, nichés entre des bâtiments résidentiels ou au détour d’une rue. S’il existe évidemment quelques temples immanquables, j’ai préféré me laisser porter par le hasard. Marcher sans but précis, m’arrêter dans un temple croisé au détour d’un trottoir, entrer quelques minutes, observer, puis repartir. Cette approche m’a semblé plus authentique et plus saine que de cocher mécaniquement les lieux les plus célèbres de la ville.
Den Quan Thanh – Pagode de Tran Quoc
Malheureusement fermée lors de mon passage, la pagode de Tran Quoc est un petit temple bouddhiste situé sur une presqu’île du lac Ho Tay, non loin du temple de Quan Thanh. Il s’agit du plus ancien temple de Hanoï. N’ayant pas pu le visiter, je ne peux malheureusement pas vous en dire beaucoup plus sur ce lieu, si ce n’est qu’il faisait partie de ceux que j’aurais aimé découvrir.
Chùa Quán Thánh – Temple de Quan Thanh
Le temple de Quan Thanh est un tout petit sanctuaire situé à proximité du lac et abritant une statue de bronze vénérée. L’entrée est payante (10’000 VND) et la visite assez rapide, car il n’y a pas énormément de choses à voir. Cela reste néanmoins un lieu calme, presque discret, qui contraste avec l’agitation environnante.
Hoàng Thành Thăng Long – Citadelle impériale de Thang Long
Située non loin du vieux quartier et en face de l’Assemblée nationale, la citadelle impériale de Thang Long est un vaste site archéologique datant du XIe siècle. On y découvre d’anciennes structures, des vestiges et quelques sculptures. L’entrée est relativement chère (100’000 VND) et le lieu assez étendu. Ce n’est pas un musée à proprement parler, ni un site regorgeant de découvertes, mais cela peut néanmoins constituer une visite intéressante si l’on s’intéresse à l’histoire du pays.
Les incontournables touristiques
Bao Tang Ho Chi Minh – Mausolée de Hô Chi Minh
Le mausolée de Ho Chi Minh est un lieu historique majeur où repose la dépouille de l’ancien dirigeant vietnamien. Je ne l’ai pas visité, principalement parce qu’il n’était pas sur mon chemin à ce moment-là. Il reste cependant un lieu important pour comprendre l’héritage du Vietnam moderne. Un espace de recueillement dédié à celui qui a réussi à unir le Nord et le Sud du pays, à une époque où les divisions fragilisaient profondément un Vietnam pourtant riche culturellement.
Văn Miếu – Quốc Tử Giám – Temple de la Littérature
Le temple de la Littérature est l’un des plus importants mausolées dédiés à Confucius au Vietnam. Là encore, je n’ai pas eu le temps de le visiter, ce que je regrette un peu. C’est un lieu chargé d’histoire, de culture et de sérénité, et il aurait sans doute mérité une place dans mon itinéraire.
Quelques adresses pour déguster un bon café vietnamien
1984 Coffee & Drink
Situé en plein cœur du Old Quarter, littéralement à côté de la réputée auberge de jeunesse Mad Monkey, le 1984 Coffee Shop fait partie des rares cafés où je suis retourné à plusieurs reprises. Il faut dire que c’est très certainement là que j’ai dégusté mes meilleures Egg Coffee, mais aussi mes meilleurs Coconut Coffee.
Si l’Egg Coffee est assez lourd et tient bien au ventre, le Coconut Coffee est à l’inverse beaucoup plus léger et se boit très facilement, même à l’emporter. L’ambiance y est agréable, et surtout, les baristas sont vraiment très sympas. Ils ont pris le temps de m’expliquer comment étaient préparés leurs cafés, ainsi que l’origine des ingrédients qu’ils utilisent, ce qui rend l’expérience encore plus intéressante.
Giang Cafe
Aux abords du Old Quarter, Giang Café est sans doute le café le plus “Instagram” de Hanoï. C’est d’ailleurs une adresse qui m’a été recommandée dès mon arrivée à l’auberge de jeunesse. C’est ici que j’ai goûté mon tout premier Egg Coffee, et il faut reconnaître qu’il était très bon.
Cela dit, l’endroit est extrêmement prisé, et donc forcément assez bondé et bruyant. Une bonne adresse pour découvrir l’Egg Coffee, mais peut-être moins pour s’y poser longtemps et savourer le moment au calme.
Novitas Cafe
Recommandé par une amie passée par Hanoï quelques semaines auparavant, le Novitas Café est idéalement situé au cœur du Old Quarter. C’est typiquement le genre de café sur deux étages, placé en plein carrefour, au milieu du chaos permanent de la ville.
Le café y est plutôt bon, et il est également possible d’y manger une crêpe ou quelques pâtisseries si l’envie vous prend. Un endroit sympa pour faire une pause, observer la vie hanoïenne défiler et reprendre un peu d’énergie avant de repartir marcher.
HOAffeine Hanoi
Découvert totalement par hasard en rentrant d’une longue vadrouille dans les rues de Hanoï, HOAffeine est un tout petit café niché dans le lobby d’un petit hôtel du Old Quarter. Ici, pas d’Egg Coffee ni de Coconut Coffee, mais une autre spécialité vietnamienne que je n’avais encore jamais goûtée : le Salt Coffee.
Et je dois dire que ce fut une vraie surprise, à la fois déroutante et vraiment très bonne. L’endroit était calme, presque hors du temps, et une fois encore, les baristas ont pris le temps de m’expliquer l’origine du café et la manière dont ils préparaient leur fameux Salt Coffee. Une belle découverte, simple et sincère, comme je les aime.
Conclusion
Pour conclure cet article sur la capitale du Vietnam, je dirais qu’Hanoï est une ville surprenante, intense, et presque incontournable. Un passage obligé, oui. Mais pas forcément un endroit où je m’attarderais longtemps. Le nord du Vietnam regorge de lieux bien plus magiques, de paysages d’une beauté brute, et d’une nature profondément apaisante, qui contrastent énormément avec l’agitation de la capitale.
Si, comme moi, vous prévoyez plusieurs étapes dans le nord, je vous recommande vivement d’utiliser Hanoï comme un camp de base. D’y faire des haltes régulières d’un ou deux jours entre vos escapades pour vous permettre de reprendre des forces, de souffler un peu, avant de repartir vers de nouvelles aventures.
Et surtout, je vous recommande fortement de prendre le temps de vous déplacer à pied dans la ville. Même si Hanoï est immense, même si ses ruelles finissent par toutes se ressembler, il y a quelque chose de très intéressant à simplement marcher, sans but précis, naturellement, et se perdre un peu. C’est souvent de cette manière que l’on découvre le meilleur d’une ville.