Singapour, le calme au coeur de la démesure

Introduction

Singapour est une cité-état insulaire de 735 km², située à l’extrême sud de la Malaisie. Elle compte environ six millions d’habitants, majoritairement d’origine chinoise. C’est une ville chargée d’histoire, marquée par des luttes, des tensions et une indépendance proclamée en 1965. Depuis, Singapour s’est reconstruite avec détermination, jusqu’à se forger une réputation solide sur le continent asiatique. En un peu plus d’un demi-siècle, le pays n’a connu que quatre Premiers ministres, un détail qui en dit long sur sa stabilité politique. Cette continuité a permis de penser la ville sur le long terme, d’anticiper, de planifier et surtout d’optimiser. C’est sans doute pour cela qu’on la surnomme souvent « la mégapole du futur ». Ici, tout semble réfléchi pour durer, évoluer et fonctionner.

Mes premières impressions

Dès mon arrivée à l’aéroport international de Changi, quelque chose m’a frappé. Pas tant la taille du lieu, pourtant immense, mais sa propreté et surtout sa fluidité. Je n’avais jamais vu un aéroport aussi bien organisé. En quelques minutes à peine, me voilà dehors, sans stress, sans cohue. Tout est simple, clair et efficace. Cette première impression s’est rapidement confirmée dans les transports publics. Ici, il est strictement interdit de manger ou de boire sur les quais et à l’intérieur des trains et des bus. Les transports sont donc non seulement efficaces, mais incroyablement propres. Honnêtement, je rêve d’un tel niveau de qualité et de propreté en Suisse, et plus largement en Europe… parce qu’il faut bien le dire, nos transports européens sont très loin d’être exemplaires à ce niveau-là.

En arrivant dans le centre-ville, j’ai découvert une mégapole à l’atmosphère étonnamment calme, presque apaisante, et toujours cette propreté omniprésente. Je ne vous l’ai pas encore dit, mais il existe ici une autre règle assez importante : le chewing-gum est strictement interdit par la loi, passible d’amendes très lourdes, pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars singapouriens, voire des peines de prison. Bon, je vais être honnête, je n’ai appris ça que bien plus tard et c’est seulement à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point les sols étaient… impeccables. Autre surprise : le silence. Dans une ville de cette taille, c’est presque inimaginable! Et pourtant. Cela est notamment dû au fait que la voiture individuelle y est volontairement rendue extrêmement chère, ceci afin d’encourager les habitants à utiliser les transports en commun. Le résultat est sans appel. En dehors des heures de pointe, le trafic est quasi inexistant, ce qui rend la ville étonnamment agréable à parcourir.

Mon deuxième grand constat a été cette sensation étrange de errer dans une ville presque vide. Je me suis vraiment demandé où étaient passés les six millions d’habitants censés vivre ici. La réponse est simple : à Singapour, tout est pensé pour limiter l’exposition à la chaleur et à l’humidité du climat tropical. Les horaires de travail sont décalés, les bâtiments sont interconnectés, les centres commerciaux immenses, presque omniprésents. La vie se passe donc beaucoup à l’intérieur. Mais la ville a aussi compris que cela ne suffisait pas toujours. Alors elle a fait un choix fort : intégrer la nature dans le développement urbain. Arbres, plantes, murs végétaux, parcs, allées ombragées… C’est ainsi que Singapour est devenue ce qu’on appelle aujourd’hui une véritable « cité-jardin ».

Mon voyage à Singapour

Lors de mon premier jour à Singapour, j’ai profité de l’après-midi pour aller me perdre dans le downtown, le centre financier de la ville, en direction de Marina Bay Sands. Une balade assez agréable, au milieu des grattes-ciel et larges avenues, avant d’arriver face à la baie. Une fois arrivé sur la baie, j’ai passé pas mal de temps dans l’immense mall de Marina Bay. Le lieu est vraiment démesuré, presque irréel, parfaitement à l’image de Singapour. Autant dire que je n’y ai rien acheté. Je me suis contenté de marcher, d’observer, un peu comme enfant émerveillé.

En fin d’après-midi, je me suis ensuite rendu dans le mythique parc de Gardens by the Bay. Un endroit fascinant, où le futur semble fusionner avec la nature. Les immenses structures métalliques, les fameux Supertrees, pensées pour récupérer l’eau de pluie, se fondent étonnamment bien dans une végétation luxuriante. Quant aux deux serres géantes, elles donnent vraiment l’impression de faire un pas dans le futur. De mon côté, j’ai fait le choix de ne pas payer l’accès aux Supertrees ni aux serres. Par manque de temps, certes, mais aussi parce que je n’avais ni l’envie ni le budget pour multiplier les activités payantes. La simple promenade suffisait déjà largement à m’émerveiller.

Le deuxième jour, j’ai retrouvé mon ami singapourien, Guan. Il a gentiment accepté de passer une bonne partie de la journée avec moi et de jouer le rôle de guide local. Nous avons commencé par déguster quelques plats typiques au Maxwell Food Center, au coeur du quartier de Chinatown. Hormis le célèbre Chicken Rice, je ne vais pas vous mentir, le reste n’était pas vraiment à mon goût. Ensuite, direction le quartier de Kampong Glam. Nous avons arpenté les rues du quartier, notamment la très connue Haji Lane, avant de passer devant la majestueuse mosquée du Sultan Masjid. Un quartier vivant, coloré, qui contraste beaucoup avec le reste de la ville.

Guan tenait ensuite absolument à me faire voir, et photographier, la statue du Merlion, symbole emblématique de Singapour. Une étape presque obligatoire d’après lui. Puis, il m’a emmené dans le quartier de Holland Village, près de chez lui, pour une dernière dégustation, et pas des moindres : le durian. Spoiler alert : je n’ai pas aimé du tout. À la première bouchée, j’ai sincèrement cru que j’allais vomir l’ensemble de nos repas de la journée… Une expérience que je n’oublierai pas de sitôt, mais que je ne suis pas prêt de renouveler. Nous avons finalement terminé cette journée autour d’une bonne bière, avant de nous dire au revoir.

Pour mon troisième et dernier jour à Singapour, j’ai décidé de ralentir et de m’accorder un peu de temps pour moi, avec une parenthèse plus culturelle. Je suis donc allé visiter le musée des civilisations asiatiques, un musée particulièrement intéressant qui retrace l’histoire, la culture et le développement des peuples asiatiques, mais aussi l’évolution géographique et économique du continent. Petite surprise en bonus : une exposition dédiée aux jeux asiatiques, où j’ai pu découvrir l’origine de certains jeux anciens et même affronter une intelligence artificielle lors d’un jeu de billes.

Après cela, je me suis rendu à la National Gallery of Singapore. Si vous aimez particulièrement la peinture, je vous recommande vraiment ce musée. Si, comme moi, vous êtes plus sensibles au design et à l’architecture, c’est peut-être un lieu que l’on peut facilement zapper. Malgré tout, j’ai apprécié la visite et pris le temps de parcourir les différentes salles. Pour terminer cette journée en beauté, j’ai passé la fin de soirée du côté de Marina Bay Sands, à profiter du spectacle lumineux sur la baie. Une belle façon de clôturer ce séjour à la tombée de la nuit avec une vue imprenable sur la Skyline.

Conclusion

Singapour a été un vrai coup de cœur pour moi. Bien sûr, elle ne dépassera jamais New York dans mon cœur, mais j’ai profondément apprécié sa beauté, sa propreté et le calme qui y règne. Comme quoi, il est possible de construire des mégapoles où il fait bon vivre en 2025. Bon, j’imagine que tout cela reste une question de politique… Anyway. Moi qui rêvais de visiter Singapour depuis longtemps, sans jamais oser à cause des coûts depuis l’Europe, j’ai profité pleinement de cette opportunité d’être en Asie pour y venir à moindre prix. Et une chose est sûre : je reviendrai.